La photographie traditionnelle noir-blanc est une véritable quête de l’essentiel et s’engage à ne pas le trahir. Le photographe est lui-même messager, le séducteur séduit par les effluves d’une joie soudaine et vitale qu’il capte. La réalité reste mère de la photographie de Benoit Lange, le respect du temps qui s’écoule et l’ouverture du cœur sont autant de clés fondamentales à la compréhension.

 

La proximité de corps est toujours de mise. Pour être dans l’image avec son sujet, le photographe tient l’appareil sur sa poitrine  afin de permettre aux regards de rester dans la lumière de l’échange. En effet, Benoit Lange ne porte jamais d’appareil photo en  bandoulière, c’est par une dragonne au poignet qu’il manie ce dernier, ainsi son appareil semble être une prolongation de sa main.

 

« On me demande souvent à quel moment de ma carrière j'ai opté pour la photographie noir-blanc

et le pourquoi de ce choix. Je précise que lors de mon deuxième voyage en Inde, encore loin de penser devenir un jour

photographe professionnel, j'étais équipé en tout et pour tout d'un Nikon FM2, de 5 films couleur et de 5 films noir-blanc.

Mon objectif était alors de prendre des photographies de la vie à la clinique du Dr Jack Preger.

C'était à mes yeux le meilleur moyen de témoigner de l'extraordinaire travail du médecin des rues ainsi que de la réalité humaine des patients de Middleton Row. 

 

Lors du développement, les photographies en noir-blanc se sont tout naturellement imposées comme étant plus à même de transmettre les émotions, l'atmosphère du lieu et l'intensité du moment.

Elles permettent d'exprimer directement l'essentiel, avec pudeur et sans fioritures. Le noir-blanc est tellement plus direct,

il capte le plus fidèlement possible la lumière d'un regard, nous donne toute la dimension d'une émotion et nous

permet dans ses nuances d'apprécier les couleurs de l'âme humaine.

 

Benoit Lange 

More than 20 years creating memories for the world

BENOIT LANGE

ENGAGEMENT

Dans un monde si déséquilibré où bonheurs et richesses sont si mal répartis, nous jouons tous notre rôle et avons notre part de responsabilité. Pour le photographe engagé, si l’on veut vivre heureux dans l’hémisphère nord on ne peut vivre dans l’oubli du sud. Les photographes, au même titre que les artistes, ont un rôle - souvent même un premier rôle - à jouer. La photographie est vecteur d’émotions et de compassion.

 

Mon choix d’éviter la photographie misérabiliste qui appelle forcément à la pitié, a pour but premier de rétablir l’être humain dans sa dignité et son droit au bonheur. Des gestes aussi simples que de se mettre à la hauteur du sujet en portant son appareil en poitrine, de lui accorder son regard et son temps vont totalement dans ce sens.

J’ai choisi la photographie non pas comme un but mais comme le moyen de raconter l’émotion et l’espoir. Mes photos sont les témoins de milliers d’échanges. Elles doivent être montrées et témoigner.

Que l’on fasse preuve d’un simple geste ou d’une grande action, chacun à sa mesure, nous sommes autant de maillons à la chaîne de la solidarité et de la dignité humaine, autant d’eau au fleuve de la vie…

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